28 mai 2018

Que mettre en place en fonction des troubles ?

Mise en place du décret des aménagements raisonnables pour septembre 2018
Le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a approuvé, le mercredi 6 décembre 2017, la proposition de décret qui imposera aux écoles, dès la rentrée scolaire 2018, d’accepter la mise en place d’aménagements raisonnables pour les élèves à besoins spécifiques.
Ce texte vise à donner un caractère plus inclusif à l’école, et ce au profit des enfants précités afin de lutter contre les discriminations. Tout élève fréquentant l’enseignement ordinaire, fondamental et secondaire, qui présente des « besoins spécifiques » a le droit de bénéficier d’aménagements raisonnables. Ces aménagements peuvent être matériels, organisationnels ou pédagogiques.
Le
décret a été publié au Moniteur Belge ce 1er février 2018.

 

Propositions générales
Le plus important à nos yeux, et qui est commun à tous les troubles, est de laisser une place à la sphère émotionnelle.
Autant que faire se peut :
– valoriser ses efforts plutôt que ses résultats, rappelons-nous que les efforts fournis par l’enfant sont énormes par rapport à ce que les résultats donneront,
– positiver ses idées et son cheminement, même si il n’utilise pas les mêmes procédures, l’important est d’arriver à la bonne réponse, peu importe le chemin emprunté,
– accueillir ses émotions, pouvoir le laisser s’exprimer, ou du moins lui laisser un endroit où il pourra vivre son émotion du moment.
Les neurosciences nous ont appris qu’en cas d’émotions intenses, les processus neuronaux de régulation émotionnelle sont perturbés. Ceci diminue les capacités de jugement social et les performances cognitives. Dès lors cela entrainera un verrouillage du cerveau reptilien en mode de survie et l’accès au néocortex, lieu des apprentissages, sera impossible.

 

Pistes à mettre en place
Beaucoup de choses sont possibles et vous en faites probablement déjà plusieurs naturellement.
Les mises en place proposées ci-dessous sont valables pour tous les troubles d’apprentissage. Chaque enfant étant différent, les propositions que vous (idem remarque ci-dessus) faites à l’un ne conviendront peut-être pas pour un autre. Il ne faut pas hésiter à changer et tester plusieurs pistes.
C’est grâce au partage de vos idées que les choses seront plus faciles, n’hésitez pas à en parler entre vous et à échanger vos « systèmes D ».

DYSCALCULIE :
– simplifier au maximum les mises en page des feuilles et ne pas mettre de dessins ou autres qui pourraient distraire l’enfant ou perturber l’information visuelle. Ne mettre que l’essentiel et faire de grands espaces pour compléter,
– utiliser des polices adaptées, écrire plus grand, augmenter les interlignes,
– utiliser un gabarit pour faciliter la structuration du calcul écrit et la lecture visuo-spatiale
– créer un référent des tables de multiplication et autres avec l’enfant et le laisser à disposition lors des exercices,
– décomposer les étapes dans la résolution des problèmes,
– laisser compter sur les doigts, permettre la manipulation (réglettes, bouliers,…),
– autoriser l’utilisation de la calculatrice,…

DYSLEXIE :
– simplifier au maximum les mises en page des feuilles et ne pas mettre de dessins ou autres qui pourraient distraire l’enfant ou perturber l’information visuelle. Ne mettre que l’essentiel et faire de grands espaces pour compléter,
– agrandir les caractères des textes dactylographiés,
– augmenter les interlignes, aérer les textes,
– utiliser une règle, un guide de lecture,
– ne pas obliger à lire à voix haute,
– lire les consignes à sa place et vérifier la bonne compréhension,
– colorer les syllabes ; il existe maintenant des programmes ou des options Word pour que les syllabes se colorent automatiquement et facilitent donc la lecture,
– proposer un plan incliné afin d’améliorer la posture,
– renforcer par le gestuel, utiliser la gestuelle de Borel (ou autre) pour apprendre les lettres et les sons,…

DYSORTHOGRAPHIE: (voir aussi dyslexie)
– ne pas évaluer l’orthographe en dehors des activités où l’orthographe est le «cœur de cible»,
– lors d’une évaluation, proposer une dictée à l’adulte, elle permet à l’élève de travailler la syntaxe des phrases en langage oral, le réinvestissement du vocabulaire étudié ou renforcer son imagination sans la contrainte de l’écriture,
– créer un référent des règles grammaticales et autres avec l’enfant et le laisser à disposition lors des exercices,…

DYSPHASIE :
– s’assurer qu’il ait bien compris les consignes orales et reformuler éventuellement,
– passer par des aides visuelles et la schématisation,
– ne pas pénaliser le manque de participation à l’oral,
– ne pas obliger à lire à voix haute,
– renforcer par le gestuel, utiliser la gestuelle de Borel pour apprendre les lettres et les sons
– dicter à l’adulte permet à l’élève de travailler la syntaxe des phrases en langage oral, le réinvestissement du vocabulaire étudié ou renforcer son imagination,…

DYSPRAXIE : (voir aussi dysgraphie)
– placer l’élève au premier rang face au tableau,
– veiller à une bonne posture sur le banc (chaise ergonomique, plan incliné, coussins, pieds qui touchent bien le sol),
– lui permettre d’utiliser des outils adaptés (ciseaux ergonomiques, des lattes avec poignées ou des lattes aimantées pour faciliter la préhension, stylos adaptés, plumier adapté,…),
– limiter la quantité d’écriture manuscrite (ordinateur, ne pas faire écrire les consignes des exercices, scanner les pages d’un autre élève, dictées aménagées, dictée à l’adulte, pas de punitions écrites, privilégier l’oral pour les évaluations,…)
– des copains de classe pourraient se relayer pour aider l’enfant à classer ses feuilles ou compléter son journal de classe, ranger son plumier,…
– lors de l’apprentissage de l’écriture, utiliser des feuilles avec des lignes adaptées, utilisant des couleurs bien spécifiques et plus espacées,
– en calcul écrit, utiliser un gabarit pour faciliter la structuration et la lecture visuo-spatiale,
– simplifier au maximum les mises en page des feuilles, ne mettre que l’essentiel et faire de grands espaces pour compléter,
– augmenter les interlignes, aérer les textes,
– utiliser une règle, un guide de lecture pour la structuration visuo-spatiale,…

DYSGRAPHIE : (voir aussi dyspraxie)
– pourquoi passer automatiquement par l’écriture cursive alors que dans certains pays ils n’utilisent que l’écriture imprimée. Cela simplifie le nombre de graphèmes par phonème. L’enfant ne doit plus en apprendre que 2 au lieu de 4,
– veiller à une bonne posture sur le banc (chaise ergonomique, plan incliné, coussins, pieds qui touchent bien le sol),
– imiter la quantité d’écriture manuscrite (ordinateur, ne pas faire écrire les consignes des exercices, scanner les pages d’un autre élève, dictées aménagées, dictée à l’adulte, pas de punitions écrites, privilégier l’oral pour les évaluations,…)
– lors de l’apprentissage de l’écriture, utiliser des feuilles avec des lignes adaptées, utilisant des couleurs bien spécifiques et plus espacées,
– chaque fois qu’il faut prendre des notes, on peut nommer un ami « secrétaire » et celui-ci fera une photocopie de ses notes à la fin de la leçon,
– en calcul écrit, utiliser un gabarit pour faciliter la structuration et la lecture visuo-spatiale,…

TDA/H :
– simplifier au maximum les mises en page des feuilles et ne pas mettre de dessins ou autres qui pourraient distraire l’enfant ou perturber l’information visuelle, ne mettre que l’essentiel et faire de grands espaces pour compléter,
– proposer un coussin d’air pour la chaise de l’enfant, de façon à le laisser bouger sur place sans qu’il ne gêne les autres en se levant,
– proposer un rouleau de mouvement (à placer entre les pieds de la chaise) pour permettre de remuer les pieds,
– ne pas priver de récréation,
– lui proposer d’aller courir un peu à l’extérieur en cas de débordement,
– laisser des fidgets à dispositions pour lui occuper les mains,
– proposer des écrans de concentration amovibles,
– proposer momentanément des couvertures, gilets ou peluches lestées,
– utiliser un « time timer » pour visualiser le temps restant pour effectuer l’exercice,…